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Club Ecologie et Liberté

Vision générale

Manifeste écologique pour l'Autre politique

Première partie

 

L'馗ologie politique :

"L'馗ologie politique ne date pas d'aujourd'hui : l'馗ologie politique est n馥 en 1974. Le courant dont vous allez peut -黎re lire ce manifeste est n en m麥e temps. En 1981, le projet de manifeste du Mouvement d'Ecologie Politique qui devint d'ailleurs un texte d'orientation des "Verts" 騁ait titr "Ecologie politique ou alternative composante 馗ologiste". D鑚 le d駱art, en effet, ceux qui constataient que les id駮logies existantes 騁aient incapables de rendre compte la fois de nos objectifs et des probl鑪es que nous rencontrions, se trouvaient confront駸 aux deux erreurs majeures entre lesquelles se partagent nombre d'馗ologistes.
La premi鑽e voie , voulait au nom du terrain et du concret rester le nez sur les probl鑪es sans s駻ieusement analyser les causes. L'馗ologie politique 騁ait pour eux l'馗ologie des 馗ologistes de terrains qui par ailleurs, pour "faire pression", se pr駸entaient aux 駘ections. "

SOMMAIRE

Présentation
Etat des lieux de 20 ans de dérégulations effrénée :
- Des probl鑪es 馗ologique aux dures r饌lit駸 de la mondialisation 馗onomique.

- Le mythe du village plan騁aire.
- L'abandon du syst鑪e de la solidarit "fordiste": vers une 馗onomie schizophr鈩e.

- Le chmage drame humain.
- Le chmage r駸ultat d'un choix.
- Les rapports Nord-Sud d駸articul駸.
- Concentration urbaine, d駸ertification rurale et mobilit obligatoire.
- L'uniformisation culturelle.

Présentation :

Les soci騁駸 contemporaines sont travers馥s par des interrogations d'un type nouveau qui conduisent une perception nouvelle de l'馗ologie comme de la politique.

D'une part, les pollutions ne sont plus d'abstraites menaces pour la plan鑼e. Elles sont perceptibles dans la vie quotidienne et nous frappent dans ce que nous avons de plus cher. Personne ne conteste plus, par exemple, que l'augmentation des bronchiolites et de l'asthme chez les nourrissons est li馥 la pollution de l'air dans les villes. D'autre part, il y a cette interrogation lancinante : le chmage, la mont馥 de l'ins馗urit dans les villes, la d駸ertification rurale, le stress de la vie quotidienne, doivent-ils 黎re accept駸 comme une fatalit ?

Longtemps, nous avons consid駻 les inconv駭ients de nos soci騁駸 industrielles comme le prix payer pour les avantages quelles nous apportaient. On s'autorisait "polluer un peu" compte tenu que l'activit 馗onomique participait la r馘uction des in馮alit駸, au plein emploi et offrait l'espoir d'un avenir meilleur.

Aujourd'hui la coupe est pleine. On s'aper輟it que le prix payer pour ces pollutions du quotidien est tr鑚 駘ev du point de vue de notre sant, et que les avantages li駸 cette soci騁 industrielle sont en voie de disparition.

Le fait de rechercher des solutions aux maux qui rongent la plan鑼e Terre est-il contradictoire avec la recherche de solutions aux probl鑪es 馗onomiques et sociaux, comme le croient les partis traditionnels?

Ne doit-on pas, au contraire, analyser ces probl鑪es sous un jour nouveau ? N'y a-t-il pas des origines communes la pollution de la plan鑼e et la gangr鈩e du chmage, au d駸駲uilibre urbain/rural ?
Quels sont donc ces ph駭om鈩es qui aboutissent au mal vivre, au stress et la d馮radation de l'environnement, dans toutes nos soci騁駸, au Nord comme au Sud ?

Tel est le sens de notre r馭lexion. Pour la Conf馘駻ation des Ecologistes Ind駱endants, l'馗ologie, c'est l'organisation d'un milieu et d'un 馗osyst鑪e pour une vie harmonieuse de la faune, de la flore et de l'Homme qui y participe. Il est donc indispensable que l'馗ologie et le social reprennent ensemble le pas sur le tout 馗onomique.

 

ETAT DES LIEUX DE 20 ANS DE DEREGULATION EFFRENEE

 

Des probl鑪es 馗ologiques aux rudes r饌lit駸 de la mondialisation 馗onomique :

Gr稍e au Commandant Cousteau et aux sommets internationaux, comme ceux de Rio, de Kyoto, de Buenos Aires, toutes les g駭駻ations des peuples du Monde ont pris conscience des probl鑪es 馗ologiques qui menacent l'existence m麥e de notre plan鑼e.
Aujourd'hui, le lien se fait quotidiennement entre l'effet de serre, la destruction de la couche d'ozone, la pollution de nos fleuves et de nos oc饌ns et les probl鑪es nouveaux auxquels nous sommes confront駸 dans la vie de tous les jours : maladies de la peau, allergies, plages interdites, atmosph鑽e urbaine irrespirable, d駻鑒lement de notre climat.

Les soci騁駸 de l'h駑isph鑽e Sud mettent en 騅idence d'autres ph駭om鈩es plan騁aires plus complexes. Le r馗hauffement de la plan鑼e, la d馭orestation, l'appauvrissement de la biodiversit, la d駸ertification, la surpopulation nous alertent de plus en plus. A Madagascar, par exemple, la for黎 en voie de destruction comprend 12000 esp鐵es dont seulement 4000 ont 騁 騁udi馥s. Quand on connat la valeur de certaines plantes, comme la pervenche de Madagascar, puissant anticanc駻eux, on ne peut 黎re que r騅olt contre ceux qui, par mercantilisme ou par b黎ise, appauvrissent ainsi le patrimoine de l'Humanit.

La n馮ligence et la mauvaise volont suffisent-elles, cependant, explique ces grandes pollutions, ou, ne doit-on pas trouver leur origine dans les m馗anismes 馗onomiques qui les suscitent et les font prosp駻er ? Etudions la question l'aide de trois exemples.

1ー) On observe que le d騅eloppement des transports l'馗helle transcontinentale, responsable d'une grande partie de la pollution atmosph駻ique, est la cons駲uence de la sp馗ialisation des territoires du monde, corollaire de la d駱endance 馗onomique des peuples et des ノtats vis--vis des march駸 mondiaux. A l'馗helle d'un continent, l'Europe, la pollution de notre air a des origines analogues. Elle r駸ulte du d騅eloppement du flux des transports interr馮ionaux issu de la sp馗ialisation des activit駸 par r馮ion. Elle est accentu馥 par l'accroissement de la circulation l'int駻ieur des villes, li馥 la sur-concentration urbaine et la s馮r馮ation spatiale, entre les zones r駸identielles, les zones d'activit, les zones culturelles et commerciales.

2ー) Autre exemple, celui de l'agriculture c駻饌li鑽e, principal facteur de la pollution des nappes phr饌tiques et de la destruction des paysages de bocage, inonde les march駸 agricoles de l'h駑isph鑽e sud. Elle ruine ainsi l'agriculture vivri鑽e et d騁ruit les solidarit駸 rurales pour pr馗ipiter les habitants dans les grandes villes. Dans le m麥e temps, l'inqui騁ude r鑒ne quant la qualit de l'eau consomm馥 dans les pays de l'h駑isph鑽e Nord. L'augmentation r馮uli鑽e du prix du m鑼re cube traduit l'ampleur de plus en plus grande du travail de d駱ollution r饌lis par les multinationales en situation de quasi-monopole.

Ce sont les contribuables qui doivent donc payer la facture li馥 l'emploi excessif d'engrais et de pesticides par une agriculture productiviste, au seul motif qu'elle exporte et rapporte des devises.

3ー) Pour clore la boucle, c'est dans les bidonvilles des m馮alopoles du Tiers-Monde, engendr駸 par l'exode rural par l'exode rural des paysans ruin駸, que les grands groupes industriels mondiaux trouvent de la main-d'忖vre bon march. Celle-ci, avec l'absence de r馮lementation environnementale, favorise la baisse des cots de production et les d駘ocalisations. A l'autre bout de la chane, dans les pays d騅elopp駸, le chantage la d駘ocalisation est un frein l'instauration d'une l馮islation environnementale efficace. Il y a donc bien un processus 馗onomique qui g駭鑽e et semble rendre fatale la mont馥 des d駸ordres 馗ologiques en m麥e temps qu'il accentue l'enlaidissement du cadre de vie, le d駻acinement, le sentiment de solitude, le stress... Ce processus porte un nom : C'est la mondialisation 馗onomique.

Or, le terme de mondialisation est utilis l'heure actuelle pour d駸igner tout et n'importe quoi. Cette utilisation qui tourne autour du mythe du village plan騁aire sert confondre des ph駭om鈩es de natures radicalement diff駻entes, comme la mondialisation 馗onomique d'une part et le d騅eloppement mondialis de communications ultrarapides d'autre part ; confondre aussi d'ailleurs la mondialisation 馗onomique des 馗hanges de biens et services et d'autre part la mondialisation financi鑽e. Gr稍e cette confusion, on en arrive m麥e sugg駻er que ce seraient les progr鑚 techniques dans les communications, que ce serait Internet qui engendreraient la mondialisation financi鑽e et que celle-ci aurait engendr la mondialisation 馗onomique.

Le mythe du village plan騁aire:

L'Histoire nous montre par sa chronologie et ses enchanements que la r饌lit est inverse.
En 1975, le demi-馗hec, demi-succ鑚 du Plan Fourcade sous Val駻y Giscard d'Estaing, montre bien que d駛, l'ouverture des fronti鑽es mena軋it en France l'existence du circuit et les possibilit駸 d'une politique keyn駸ienne de lutte contre le chmage (nous d騅elopperons plus loin ces notions de circuit et de politique keyn駸ienne).
En 1981, la mondialisation de l'馗onomie fran軋ise est d駛 une r饌lit. Le taux de d駱endance de notre 馗onomie a en effet doubl en l'espace de dix ans. Ainsi, l'馗onomie fran軋ise perd le moteur de sa demande int駻ieure.
Pourtant, il faut attendre Janvier 1987, pour que la France cesse d'黎re en r馮ime de contrle des changes. Ce n'est donc, qu' partir de cette date que vont commencer se d馗haner les mouvements de capitaux. Mais, entre 1975 et 1987, la mondialisation 馗onomique s'est d駛 r饌lis馥 avec l'accroissement du taux de d駱endance, et cela sans que la France n'ait pu subir gr稍e ce contrle des changes, les cons駲uences de ces mouvements de capitaux. C'est donc plutt, sous la pression du d騅eloppement des 馗hanges 馗onomiques mat駻iels que l'on a aboli le contrle des changes et qu'ont pu se d馗lencher ces fameux mouvements.
Enfin, m麥e en 1988, la France ignorait statistiquement Internet. D'autre part, l'馗helle mondiale, Internet n'avait absolument pas atteint le d騅eloppement de ces cinq derni鑽es ann馥s
.

La conclusion apparat clairement, c'est sous la pression des 馗hanges 馗onomiques mat駻iels que se sont d騅elopp駸 les mouvements de capitaux, et enfin, c'est bien apr鑚 le d騅eloppement des mouvements de capitaux que se sont d騅elopp馥s au niveau mondial, les communications ultrarapides, ainsi qu'Internet. Il semble donc difficile de confondre les cons駲uences du d騅eloppement de ces technologies et de leur rapidit avec les cons駲uences de la mondialisation 馗onomique. On se trouve devant des ph駭om鈩es qui peuvent, la limite 黎re oppos駸.

Le d騅eloppement formidable des moyens de communication au travers des autoroutes de l'information, dont Internet est le symbole, a d饕ouch sur le concept de village plan騁aire. Ce concept-slogan vise donner une image bucolique et idyllique de la globalisation. Puisque la communication est de plus en plus ais馥, les fronti鑽es 馗onomiques et politiques n'auraient plus de raison d'黎re. Il faudrait donc instaurer le libre-馗hange g駭駻alis des capitaux et des marchandises et r馘uire au minimum les pr駻ogatives des Etats Nations au profit d'organismes supranationaux.

La Conf馘駻ation des Ecologistes Ind駱endants consid鑽e ce concept comme abusif, mystificateur et inefficace. Il est abusif car seule, une minorit de l'humanit aura acc鑚 cette r騅olution de l'information qui tend, par ailleurs, uniformiser l'acc鑚 au savoir au travers des normes culturelles am駻icaines. Il est mystificateur car, sous pr騁exte de modernit, il tend rayer d'un clic de souris la sp馗ificit des 馗osyst鑪es humains et politiques qui structurent la vie de la plan鑼e, et dont la forme la plus achev馥 est l'Etat Nation.

Il est inefficace, car aucun des probl鑪es rencontr駸 par l'humanit n'a pu 黎re r駸olu, sans prendre en compte ces sp馗ificit駸.

Ce concept veut donner l'impression d'une certaine convivialit. C'est le contraire qui se passe.

La perception de l'espace devient de plus en plus parcellaire : on se dote de lieux (domicile, voiture, bureau...), autour de sa propre personne, isol駸 les uns des autres. On ne se touche plus, on n'est plus solidaire. On tombe dans la pr馗arit et l'on se recroqueville sur soi, sans personne qui communiquer son amertume du monde.

La fracture sociale n'est pas seulement 馗onomique, elle est aussi culturelle. Parall鑞ement l'isolation mentale des pr馗aires, se d騅eloppe une 駘ite mondialis馥 de d馗ideurs 駘馮ants qui, de colloques en dners mondains, dirige le monde et manipule l'opinion.

Paradoxalement, plus cette nouvelle classe voit ses pr駻ogatives grandir, plus la situation se d騁駻iore. La r饌lit sociale ressemble de plus en plus la rencontre du savant fou et du lapin de laboratoire.

Fid鑞e la devise du "Penser Globalement, Agir Localement", la Conf馘駻ation des Ecologistes Ind駱endants estime que seule une coop駻ation entre Etats souverains, plac駸 sur un pied d'馮alit, permettra de lutter contre les catastrophes qui menacent la Terre, dans le respect de l'identit de chacun. Mais, toute solution globale uniforme, impos馥 par en haut, est en effet, antinomique avec la sp馗ificit et la diversit des 馗osyst鑪es qui irriguent la plan鑼e.

" L'abandon " du syst鑪e de la solidarit " fordiste " : vers une 馗onomie schizophr鈩e :

Les bouleversements entran駸 par ce que l'on a improprement appel la " crise " sont beaucoup plus que des bouleversements 馗onomiques : par la pollution et le chmage, ils touchent l'馗ologique, le social, l'humain.

Certes, au d駱art, cette crise fut d'abord 馗onomique, elle ne fut pas autre chose que l'ensemble des sous-produits de la grande mutation qu'ont connus les 馗onomies nationales, c'est--dire, le ph駭om鈩e de mondialisation 馗onomique que nous avons d駛 騅oqu. La mondialisation des 馗onomies a 騁 le r駸ultat du passage des seuils dans un processus continu qui 騁ait le processus d'accroissement de la dimension moyenne des march駸 des 馗onomies consid駻馥s, seuil d騁ectable gr稍e au taux de d駱endance des dites 馗onomies. Ce processus est connu aussi sous le nom de " division technique internationale du travail ", ou encore, sous l'appellation " 駘oignement entre producteur et consommateur "

. Ce passage du seuil dans un processus continu d'ouverture des 馗onomies a engendr une rupture, a transform la nature des 馗onomies, les a rendues non matrisables par leur gouvernement et donc, par les citoyens. En cassant ce qui assurait le succ鑚 du fonctionnement des 馗onomies en circuit, ce passage de seuil a du m麥e mouvement rompu les m馗anismes qui avaient assur pendant cette p駻iode des Trente Glorieuses, souvent appel馥 " p駻iode fordiste ", la croissance, l'absence de chmage, et avec la prosp駻it le d騅eloppement d'une protection sociale particuli鑽ement efficace.

En effet, l'馗onomie fordiste repose sur un double moteur, le march int駻ieur et le march ext駻ieur, mais le march int駻ieur, prot馮, organis en circuit, en est le principal 駘駑ent. Le circuit permet aux revenus distribu駸 par l'Etat ou par les entreprises de stimuler la demande int駻ieure en biens de consommation, laquelle son tour favorise la production int駻ieure, la cr饌tion d'emplois.

Une 馗onomie fonctionne en circuit tant qu'une injection de pouvoir d'achat dans l'馗onomie nationale cr馥 plus d'emplois, gr稍e l'augmentation de la consommation int駻ieure, qu'elle n'en fait disparatre cause de la baisse des exportations. C'est sur cet 駲uilibre qu'a repos la prosp駻it des Trente Glorieuses.

La volont de donner la primaut absolue au d騅eloppement du commerce ext駻ieur sur le d騅eloppement de la demande int駻ieure, et donc la lutte contre l'inflation par rapport la lutte contre le chmage, fut un choix politique. Comme nous l'avons vu plus haut, il a pr馗馘 la lib駻alisation des capitaux, la r騅olution technologique des communications en temps r馥l. Il n'a pas 騁 d騁ermin, il a 騁 d騁erminant. L'abaissement g駭駻alis des droits de douanes, la fin du syst鑪e des parit駸 fixes entre monnaies (syst鑪e de Brettons Wood), nous ont fait entrer dans une 鑽e de d駻馮ulation g駭駻alis馥. L'accroissement de la dimension des march駸, vers un niveau mondial, est un ph駭om鈩e continu dans l'Histoire. Mais, depuis 20 30 ans, peu peu, les 馗onomies nationales franchissent, une une dans ce processus, un seuil, le seuil de la mondialisation, c'est--dire, le moment o le march int駻ieur s'efface au profit du march ext駻ieur, o les Etats perdent tout moyen de matriser leur 馗onomie nationale. Aujourd'hui, on peut encore op駻er un choix inverse.

Cet abandon fut accompagn d'une campagne de discr馘it contre la politique keyn駸ienne. En effet, plusieurs reprises, au cours des Trente Glorieuses, certains gouvernements ont utilis les instruments des politiques keyn駸iennes, comme l'injection de pouvoir d'achat non pas pour retrouver le plein emploi comme le pr馗onisait Keynes, mais pour stimuler la croissance alors que l'on se trouvait dans une situation proche du plein emploi. De ce fait, des 馗onomistes ont profit de la confusion provenant de l'utilisation d'instruments keyn駸iens, pour incriminer les politiques keyn駸iennes.
Or, Keynes avait toujours subordonn l'utilisation de ces instruments des conditions strictes qui 騁aient entre autres, l'existence d'un chmage important provenant d'une insuffisance de la demande et l'existence d'une offre capable de r駱ondre imm馘iatement cette demande. L'absence de ces deux conditions entranait ipso facto des tendances inflationnistes. Or, ces deux conditions n'existant pas l'駱oque, il 騁ait difficile d'intituler " politique keyn駸ienne ", la simple utilisation d'instruments utilis駸 dans les politiques keyn駸iennes.
Mais n'avait-on pas d駛 d馗id qu'il fallait changer de variable d'ajustement ? Certains avaient d駛 diffus l'id馥 que la variable d'ajustement devait devenir le chmage et non plus l'inflation, que la priorit devait 黎re donn馥 la lutte contre l'inflation par rapport la lutte contre le chmage. L'馗hec de ces pseudo politiques keyn駸iennes, du fait de l'inflation, 騁ait une occasion de " jeter le b饕 avec l'eau du bain ", c'est--dire, rejeter les 馗onomies matrisables et en circuit et les politiques keyn駸iennes qu'elles permettaient avec les d騁ournements d'instruments qui avaient 騁 effectu駸 en son nom. L'ouverture des fronti鑽es, en d騁ruisant les circuits rendait inop駻ante toute tentative de politique keyn駸ienne.
La conclusion officielle apparat ainsi : les politiques keyn駸iennes ne sont plus applicables parce qu'elles sont porteuses d'inflation (et non pas parce que les conditions pr騅ues par Keynes ont disparu). L'Etat, dans sa capacit r馮uler l'馗onomie nationale est d駸ormais impuissant si l'on conserve de telles structures.

Les politiques anti-inflationniste ou mon騁aristes qui ont suivi, ont provoqu un accroissement monumental du chmage par :
- la priorit donn馥 la lutte contre l'inflation au d騁riment de la lutte contre le chmage.
- la rigueur mon騁aire et budg騁aire qui s'est substitu馥 une politique de grands travaux d'am駭agement durable du territoire.
-la volont d'accrotre la demande ext駻ieure au d騁riment de la demande int駻ieure.

L'Etat Providence s'est transform en Etat Assistance qui ponctionne des revenus aux salari駸 dans le but de les redistribuer aux exclus afin d'騅iter des formes explosives de r騅olte sociale, sans que cela stimule pour autant la production nationale. Cette politique a fait basculer les classes moyennes, tax馥s au nom de la coh駸ion sociale, alors que l'ins馗urit augmente et que leur environnement se d馮rade, dans l'anti-騁atisme. Ce sentiment est utilis par les lib駻aux libertaires, dont Daniel Cohn Bendit et Alain Minc sont les figures de proue, pour discr馘iter l'Etat Nation au profit d'institutions supra nationales qui n'ont de compte rendre qu'aux march駸 financiers.

Le discours sur la mondialisation s'est, en effet, profond駑ent modifi. Au d駱art, elle 騁ait consid駻馥 par chaque entreprise comme une opportunit de d騅eloppement sans contrepartie n馮ative : exporter devait permettre d'馗ouler les surplus de la production nationale.
Aujourd'hui, la mondialisation apparat, chez les tenants de la "pens馥 unique", comme un ph駭om鈩e in駘uctable et b駭馭ique qui s'imposerait toutes les entreprises, mais sous la menace de "s'adapter ou disparatre".

Dans la r饌lit, dans le processus d'accroissement de la dimension des march駸, le franchissement du seuil de la mondialisation, entrane des cons駲uences n馮atives, voire catastrophiques, tr鑚 nombreuses d'un point de vue 馗ologique et social. Nous retiendrons :

- le d騅eloppement des transports, li l'accroissement de la dimension des march駸, donc, l'augmentation des pollutions.
- l'hyper concentration urbaine, avec ses corollaires d'uniformisation culturelle et de mont馥 de la d駘inquance juv駭ile.
- la pression des firmes multinationales pour r馘uire toutes les contraintes nationales en mati鑽e de l馮islation environnementale, sociale et financi鑽e
- des politiques de licenciements li馥s des choix strat馮iques qui privil馮ient la rentabilit court terme au d騁riment de la pr駸ervation des 馗osyst鑪es 馗onomiques qui avaient le m駻ite d'allier le savoir-faire des salari駸 un enracinement social et culturel durable.

La mondialisation des 馗hanges constitue ainsi la base d'une crise de type nouveau qui d饕ouche sur une r馗ession g駭駻alis馥 de la demande mondiale (r馗ession signifie ralentissement de la croissance ; depuis l'entr馥 dans la mondialisation, le taux de croissance de la production a 騁 divis par 2,5 dans les pays d騅elopp駸 et par 1,6 l'馗helle mondiale). Un d駸駲uilibre s'installe : pense-t-on que l'on pourra continuer longtemps l'騅olution caract駻is馥 par le fait que les mouvements de capitaux augmente 10 fois plus vite que le commerce de marchandises, que le commerce de ces marchandise augmente 3 fois plus vite que leur production ?
Notre univers est devenu un monde schizophr鈩e o l'atonie de l'馗onomie r馥lle, le d駸enchantement des citoyens est en contradiction avec l'euphorie des march駸 financiers. L'馗onomie r馥lle est totalement d馗onnect馥 de l'馗onomie financi鑽e.

Le chmage, drame humain :

Le chmage comme la pr馗arit est un ph駭om鈩e massif. C'est le probl鑪e structurel qui gangr鈩e l'ensemble de la vie de nos soci騁駸.
Le chmage n'est que la face 駑erg馥 de l'iceberg qui touche un grand nombre de personnes par la pr馗arisation du march du travail, par la concurrence exacerb馥 entre jeunes et vieux, hommes et femmes, par une remise en cause professionnelle permanente li馥 aux changements ultra rapides des techniques de production. Comme l'a montr le rapport Guaino, intitul "Rapport au Premier Ministre, chmage, le cas fran軋is" (Documentation Fran軋ise), c'est 7 millions de personnes et non pas 3,5 millions, qui sont directement ou indirectement, touch馥s par le chmage au travers des diff駻entes formes de pr馗arisation.

Cela engendre un sentiment de fragilisation structurelle. Nul n'est l'abri du licenciement ou de la d駘ocalisation de son entreprise qui va l'obliger quitter racines, famille, amis, pour garder ou retrouver un emploi. Cela induit des comportements de repli sur soi pr駛udiciables l'駱anouissement de la vie associative et de la d駑ocratie. Il introduit une c駸ure durable entre les actifs et les exclus du march du travail. Il y a aujourd'hui des milliers de personnes d駸int馮r馥s, livr馥s au nationalisme de quartier, aux solidarit駸 visc駻ales de la bande ou de la communaut. Si l'on n'y prend garde, ces comportements peuvent jeter les bases d'une soci騁 fond馥 sur le primat absolu d'un individu de plus en plus ignorant de la soci騁 et des valeurs 駘駑entaires de vie en collectivit qui s'y rattachent.

Le chmage, r駸ultat d'un choix :

Ce sont ces raisons-l, et non des raisonnements purement 馗onomiques qui poussent les 馗ologistes ind駱endants consid駻er le chmage et la pr馗arit comme le probl鑪e essentiel dans les 馗onomies contemporaines et se r騅olter contre les choix qui ont 騁 faits depuis 25 ans.

En effet, nous l'avons vu, l'essentiel du chmage provient du choix initial des ann馥s 70 d'en faire la variable d'ajustement la place de l'inflation. Et ce choix impliquait celui de la mondialisation 馗onomique dont le trait caract駻istique est d'emp鹹her les m馗anismes stabilisateurs et donc de laisser se d騅elopper l'instabilit et l'ins馗urit 馗onomique l'馗helle mondiale et nationale.

Il y a 15 ans, le premier aptre de la mondialisation 馗rivait d駛 : " Toute 馗onomie immerg馥 dans le march mondial est aussi plong馥 dans l'incertitude. Il ne faut pas critiquer l'incertitude et encore moins s'en abriter pr騁endument en fermant ses fronti鑽es ". (Cicurel)

Les diff駻entes formes que peut prendre le chmage, chmage d'offre, li l'insuffisance de la rentabilit de la production, chmage de demande, chmage d'inadaptation sectorielle, toutes ont actuellement comme facteur essentiel, la mondialisation et ses deux accessoires, l'acc駘駻ation des changements non matris駸 et l'instabilit 馗onomique.
A cela s'ajoute 騅idemment la concurrence " d駘oyale " faite en l'absence de protectionnisme douanier, par des pays n'ayant pas les m麥es r鑒les du jeu. Or, la mondialisation exige terme la quasi-disparition des protectionnismes 馗onomiques. Et si les pays du Nord sont touch駸 gravement, il faut dire que les m馗anismes qui mondialisent et qui de ce fait suppriment toute autonomie 馗onomie des pays, ont des cons駲uences bien plus graves sur les pays du Sud en position tr鑚 difficile.

Des rapports Nord-Sud d駸articul駸 :

Les techniques de production des pays d騅elopp駸 s'imposent l'ensemble de la plan鑼e. Or, ces techniques privil馮ient l'investissement en capital en 馗onomisant la main d'忖vre, ce qui est contraire aux int駻黎s des pays du Sud dont la main d'忖vre est abondante et qui disposent de peu de capital. De plus, ces techniques ne privil馮ient pas les 馗onomies en mati鑽es premi鑽es et en ressources naturelles.

Ainsi, ces techniques chassent les paysans du Sud de leurs terres cause de la m馗anisation. Ils viennent grossir les bidonvilles et aggravent les probl鑪es du chmage, de la criminalit en milieu urbain.

Concentration urbaine et la d駸ertification rurale et mobilit obligatoire :

L'opposition ville/campagne semble atteindre un point de non-retour.. Quelques grandes m馮alopoles concentrent de plus en plus de si鑒es sociaux d'entreprises, d'activit駸 馗onomiques, et donc, de personnes. Qu'importe si cette concentration s'accompagne d'un lot toujours plus consid駻able d'infrastructures de transport, de maladies li馥s la pollution et au stress, maladies soign馥s au frais du contribuable. C'est la ran輟n verser la rivalit impitoyable qui oppose entre elles les r馮ions riches (la r馮ion parisienne oppos馥 la "banane rh駭ane" par exemple).

A l'autre bout, des r馮ions enti鑽es se voient vid馥s de leur substance. Les entreprises ferment, les petites villes et les villages se vident, les services publics, au nom de la rigueur budg騁aire sont, un un, concentr駸 vers la m騁ropole r馮ionale.

En France, jusqu' maintenant, les pouvoirs publics, dans le discours, tout au moins, s'opposaient une telle logique. Avec l'arriv馥 de Dominique Voynet au Minist鑽e de l'Am駭agement du Territoire, le masque est tomb. De fermetures de gendarmeries en fermetures de maternit駸, il faut bien convenir que la France propose ses citoyens deux offres qui ne sont pas de m麥e nature. En ville, le service de cardiologie, l'op駻a et le bureau de l'ANPE. Ailleurs, dans ce no man's land plac sous la barre d駑ographique, un air non pollu, la nature et les loisirs solitaires. De qui se moque-t-on ?

L'uniformisation culturelle :

La g駭駻alisation du mode de vie occidental l'ensemble de la plan鑼e se traduit par l'uniformisation culturelle et le laminage des cultures locales nationales.

Aujourd'hui, d'un point l'autre de la plan鑼e, on roule dans les m麥es voitures, on s'habille avec les m麥es jeans, on boit les m麥es Coca-cola, on nous fait manger les m麥es Big Machin, on re輟it la m麥e information aseptis馥 par satellite. Les journaux nous ass鈩ent tous le m麥e dogme politiquement correct du lib駻al libertarisme : la mondialisation source d'espace, de libert, face aux rigidit駸 de l'Etat Nation.

Cela n'est pas encore suffisant pour les grands groupes de communication am駻icains qui contrlent l'essentiel du march. Par l'Accord Multilat駻al sur l'Investissement (AMI), ils voulaient faire tomber les quelques barri鑽es qui prot馮eaient encore le livre, la chanson et le cin駑a fran軋is. M麥e s'ils ont pour l'instant 馗hou, il nous faut rester vigilants. L'Europe repr駸ente pour eux, un march trop prometteur pour qu'ils ne renouvellent tr鑚 rapidement leur tentative, avec l'aide des tr鑚 lib駻aux commissaires europ馥ns.